Crimes à Oxford, un film de référence pour le cinéma policier 

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Aujourd’hui, je vous propose un article sur un film qui est assez peu connu malgré un casting alléchant : Crimes à Oxford ou The Oxford Murders en anglais.Je l’ai vu d’abord via un ami qui tenait à me le faire découvrir. Puis, j’ai lu l’article explicatif sur Crimes à Oxford sur le Blog d’Aurian. Et je me suis dit que ça valait bien la peine de vous faire un article à son sujet. Il n’a qu’une cote très moyenne sur Allociné et Sens Critique mais, pourtant, malgré ce relatif désaveu, je trouve que le film mérite vraiment d’être vu.

Premièrement, la résolution n’est pas réellement donnée. Et c’est un classique plus fréquent qu’on ne le croit. Le film fait oeuvre pédagogique en nous rappelant que ce qui est dit à l’écran n’est pas forcément toujours la vérité judiciaire de l’histoire (même dit par le plus grand détective). Le scénariste se joue régulièrement du spectateur dans beaucoup de films du genre. Et parfois de manière tellement évidente sans pour autant qu’on veuille ouvrir les yeux.

Dans le cas d’Oxford Murders, les indices sont assez sérieux quand on prend la peine de les voir. Mais combien les voient pour autant ? C’est toute la magie de la diversion. Or, l’écrivain d’une histoire policière doit souvent être comme un prestidigitateur pour pouvoir maintenir l’attention du spectateur jusqu’au bout. Ce n’est qu’à la fin qu’on doit pouvoir découvrir le coupable et/ou son mobile et/ou son mode d’action. Sinon, l’intérêt pour ce qui se passe à l’écran baisse forcément. Cela, d’autant plus que les amateurs du genre aiment souvent se triturer la cervelle.

Deuxièmement, le film est presqu’un cours sur la résolution d’enquêtes policières. Un exposé que j’ai trouvé très divertissant. Et que d’autres pourront trouver assommant. Il faut savoir s’accrocher, ce n’est pas forcément donné à tout le monde. Et c’est sur cet aspect, je crois, que le film perd le plus de monde.

Disons le tout net, d’ailleurs, ce long métrage, sorti il y a dix ans, se regarde mieux au cinéma qu’à la télévision. Il me parait impossible d’apprécier un tel film si, dérive de notre temps, on regarde son smartphone la moitié du temps, on fait une autre activité, on lit, on mange, … Comme pour tout policier, une attention constante est demandée !

Le fameux plan séquence du début n’est pas seulement une jolie prouesse technique, c’est aussi une scène importante où aucun détail n’est laissé au hasard.

Les meurtriers dans Colombo négligent systématiquement l’élément principal d’un crime parfait. Oxford Murders, par contre, applique religieusement sa leçon. Et d’une main de maitre. Qui plus est, le coupable s’assure pour que la fausse piste soit volontairement complice. Il s’assure alors une totale impunité et un risque presque nul.

Agatha Christie maitrisait déjà cet aspect des énigmes policières. J’y ai d’ailleurs pensé en regardant le Crime de l’Orient Express dernièrement. Comme je vous le dit, on ne voit plus jamais un film policier pareillement après.

Troisièmement, tout est pensé, tout est réfléchi. A en rendre fous les protagonistes, pourtant intelligents. Il met en pratique ce qu’il nous apprend ! A tel point qu’on ne sait parfois plus vraiment ce qui est vrai et ce qui ne l’est pas. Et qu’on ne sera jamais sur de la Vérite (comme dit … dans le film).

Mais enfin, et c’est là le plus beau, au final, quand on “connait” (c’est en tout cas ce qu’on croit après lecture du lien plus haut) la vérité, elle parait alors couler de source et être tellement évidente. Le film nous noie dans un excès de détails alors que la solution est en fait toute simple (seule l’étendue des complicités étant incertaine à mon goût).

Une fois résolue, la vérité judiciaire est simple. Mais pas simpliste. Et les personnages ne sont ni tout blancs, ni tout noirs. Ils ont chacun leur part d’ombre ou leur part de lumière. L’orgueil y a aussi une énorme place. Un sentiment tellement humain. Finalement, on est face à un serial killer qui est tout ce qui est de plus attachant. C’est là qu’est le plus troublant : le véritable enjeu était-il de résoudre l’enquête, de se venger ou de trouver l’amour ? La question est ouverte.

Et c’est peut-être aussi ça qui fait que les évidences (quand le film dit : “tout ce qui se passe dans cette pièce n’est que mensonge”) ne sont pas toujours vues ou entendues. Parce qu’il y a d’autres enjeux à côté et qu’on fait le choix d’être aveugle.

Pour terminer, je vous encourage à trouver un moyen pour voir le film puis de venir lire l’article explicatif et enfin de venir me dire ici ce que vous en aurez pensé.

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